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Vous avez franchi le seuil de notre Eglise : Soyez les bienvenus ! L'Eglise protestante est méconnue par la grande majorité des Belges. Et c'est bien connu, ce qui est inconnu fait un peu peur…


Ce site a pour but de vous aider à mieux nous connaître.


Dès les premiers frémissements de la Réforme du XVIème siècle, les Belges furent nombreux à être gagnés par ce courant de pensée, au point de faire de Bruxelles, pendant dix ans, une « République Calviniste Indépendante ». Nombreuses sont les villes belges qui firent de même et la Belgique a donc connu une époque, brève mais intense, où la religion majoritaire était le Protestantisme. Ces temps sont révolus et les Protestants sont aujourd’hui environ 100.000 en Belgique. Cela ne nous empêche pas d’être bien présents, avec une dynamique interne forte et une volonté de jouer notre rôle dans la société d’aujourd’hui, en Belgique, à Bruxelles et particulièrement à Uccle.


Le Protestantisme n’a en effet rien de monacal. Si nous ne négligeons ni la méditation ni la réflexion, nous croyons que notre foi nous conduit à nous impliquer dans le tissu social où nous sommes présents. Cette action est cependant toujours fondée et animée par notre foi. A vous, à travers cette petite brochure, de découvrir notre identité spirituelle et nos activités.


Mais ce que nous souhaitons avant tout, c’est que vous vous sentiez libres de venir nous rencontrer !


Actualités

Janvier 2020

Echos Janvier 2020 : Des piliers de la vérité ?

Persévérer ensemble dans la vérité


Vous vous rappelez le thème choisi par le consistoire pour l’année 2019/2020 : « Persévérer ensemble dans la vérité » ?

Dans cette courte phrase nous trouvons trois mots-clés qui méritent un commentaire plus développé. Au début de cette nouvelle année j’aimerais commencer avec la vérité : de quelle vérité parlons-nous ici?

La notion de vérité n’est plus très populaire. Le temps où l’on espérait que la science nous présente des faits indéniables qui ensemble constituent une vérité objective est derrière nous. Nous vivons dans l’époque post-moderne, ou même ‘post-vérité’. L’idée qu’il existe des grandes vérités objectives, évidentes pour tout le monde, est passée. L’humanité occidentale se satisfait plutôt de récits personnels : ‘Si tu es content de croire ceci ou cela , très bien. Si ça marche pour toi, tant mieux, mais moi, j’ai besoin d’autre chose comme base pour ma vie’. Ce type de discours a un aspect très subjectif. On trouve ces discussions même parmi les chrétiens : ‘Ah, tu lis la bible comme ça ? Moi, je trouve qu’il faut interpréter ces textes de façon symbolique, comme une image des attentes de l’auteur.’

Plus généralement, même les faits qui sont devant nous et qui sont vérifiables ne sont plus nécessairement acceptés comme ‘vrais’. Nous connaissons maintenant des ‘faits alternatifs’ et du ‘fake news’ et les médias sociaux offrent les moyens pour divulguer des théories de complot de toute sorte. (Est-ce que le nom Trump vous dit quelque chose ? Je lisais l’autre jour une interview avec un jeune homme de 25 ans qui disait : ‘J’ai le sentiment qu’avec l’arrivée de Trump la vérité n’existe plus !’).

Dans un climat pareil, comment l’Église ose-t-elle encore parler de vérité ?

Avant de parler de la perspective biblique je souligne que le sujet de cet éditorial est la vérité au niveau spirituel. Je ne parle pas des faits et des vérités dans le domaine socio-économique, politique ou même éthique. Non, ce qui nous intéresse c’est la question : comment la bible parle-t-elle de la vérité ?

La recherche d’une vérité unique et absolue n’est pas nouveau ! A l’époque ancienne les Grecs étaient désespérément en recherche de la vérité fondatrice. Ils pensaient que la vérité se découvre, mais non sans un grand effort humain. On cherchait de la connaissance qui mène à la vérité. Mais cette recherche par les philosophes porte peu de fruits. Platon pensait que derrière la réalité de notre monde se trouvait une autre réalité parfaite où les choses se déroulaient en complète harmonie. Notre monde ne serait qu’une ombre de cette réalité. Seulement les sages et les mystiques pouvaient saisir quelque peu cette réalité cachée. Mais en Grèce cette ‘vérité’ échappait au grand public et ce n’est pas étonnant que l’idée d’une vérité absolue, d’une réalité fondatrice, était mise en doute. Prenons seulement l’exemple du Romain Ponce Pilate : quand Jésus est interpellé par Pilate il parle de la vérité qu’Il représente en personne. (« Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité »). La seule réaction de Pilate est : tu parles de la vérité ?? C’est quoi la vérité ? (Jean18 : 37,38).

Quand plus tard Jean écrit son évangile, il a plutôt ce monde grec en vue. Il utilise les mêmes mots que les philosophes, mais il leur donne une tout autre signification. Ainsi les Grecs utilisaient des mots (‘logos’) pour essayer de découvrir la vérité ; Jean parle aussi de Logos mais dans un tout autre sens. Le Logos devient Parole Divine. « Au commencement était la Parole ; la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. » (Jean 1 :1). Dans ce Prologue de l’évangile, Jean présente Jésus comme la Parole, le Christ, le Sauveur du monde. Il termine cette introduction avec une conclusion: « La grâce et la vérité sont venues par (en) Jésus-Christ. » (Jean 1 :17).

Vérité ! Dans l’Ancien Testament la vérité de Dieu nous vient sous forme de promesses de fidélité et de grâce ; sous forme d’enseignement et de prophétie : les promesses de Dieu sont solides, Dieu ne ment pas ! On peut bâtir sa vie sur ces promesses comme sur un roc ! (Ps. 62 : 3,7 et bien d’autres psaumes).

Jean, dans son évangile, ne parle pas non plus de vérité comme une réalité inaccessible ; au contraire, il déclare que la vérité vient de Dieu et est révélée en Jésus-Christ. Dieu entre véritablement dans ce monde pour concrétiser ses promesses.

Vérité ! Lors de son ministère le Seigneur fait comprendre que c’est Lui la vérité : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jean 14 :6). Ainsi nous comprenons que cette vérité est l’ultime réalité venue parmi nous. Ce n’est pas une conception intellectuelle, ni une réalité qui nous échappe, même si le mystère reste. Jésus est venu comme la vérité, le Fils de Dieu qui accomplit la volonté du Père, qui donne sa vie pour sauver et qui ouvre ainsi le chemin de la réconciliation avec Dieu.

L’Église est appelée à être le témoin de cette vérité divine ! Nous confessons notre foi par le moyen des confessions classiques, nous formulons des doctrines concernant le message biblique, mais la vérité ultime se trouve en Christ-même. L’apôtre Paul a résumé la responsabilité de l’Église-en-tant-que-témoin succinctement, mais fermement : « L’Église est le pilier et le soutien de la vérité. » (1 Tim. 3 : 15).

Prions que lors de cette année 2020 l’Église de Christ dans ce monde reste fidèle à la Parole ; prions que la communauté de l’Église Évangélique d’Uccle reçoive la grâce de persévérer dans cette Vérité.

Erik Mink

Bonne et heureuse année 2020 à chacun!

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Décembre 2019

Echos Décembre 2019 : Le mot du pasteur

Joyeux Noël à vous tous!

«La vierge sera enceinte; elle mettra au monde un fils et on l’appellera du nom d’Emmanuel»(Mt 1, 23)

«Dieu nous aime-t-il vraiment?» Telleest l’une des six questions qu’Israël, du temps de Malachie, se pose alors qu’il traverse une crise importante. La réponse de Dieu lui vient par l’intermédiaire du prophète. Elle est une invitation à considérer ses origines. Un travail de mémoire peut être en la matière fort utile. À propos de ses origines, Dieu rappelle à Israël qu’il a pour ancêtre un certain Jacob qu’il a préféré à son frère jumeau Esaü alors qu’ils étaient encore dans le sein maternel, avant que les deux frères n’aient accompli aucune œuvre. Cette élection pour Jacob est un pur fruit de la grâce de YHWH. Je vous ai aimésaussi, vous ses descendants, de la même manière, tout au long de votre histoire. Cependant, vous n’avez pas répondu favorablement à mon amour.

C’est souvent en temps de crise que l’amour de Dieu est mis en doute. Surgit la question: «Dieu nous aime-t-il vraiment, nous aime-t-il encore et toujours?» Les paroles de ce vieux cantique semblent s’inspirer de la pensée exprimée par le prophète Malachie: «Quand le vol de la tempête vient assombrir ton ciel bleu, au lieu de baisser la tête, [arrête-toi, revisite ton passé lointain et récent,] compte les bienfaits de Dieu; alors tu verras combien le nombre en est grand».

La prochaine fois que vous traverserez une crisede quelle que nature que ce soit,pensezau cadeau qu’est Noël; en effet, nous célébrons un Dieu qui s’est incarné et qui est devenu comme l’un de nous, excepté le péché. Contemplez dans les récits de la nativité le divin enfant qui est néà Noël; il porte le nom significatif d’Emmanuel –Dieu avec nous. Le Seigneur de l’univers s’est fait proche de vous parce qu’ilvous aime;méditez donc cette vérité, appropriez-vous la,croyez-y, priez-la et persévérez,et prolongez la méditation avec cette autre parole :

Qui nous séparera de l’amour de Christ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le péril ou l’épée? ... Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principats, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre création ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ, notre Seigneur» (Rm8, 35-39).

Noël, c’est Dieu qui s’est fait proche de nous, c’est Dieu avec nous. Ce n’est pas la moindre des choses. Il suffit d’y penser, bien plus, il convient de vivre de cette réalité: Dieu est avec nous. C’est ce que nous fêtons.

Joyeux Noël à vous tous!

Luc Lukusa

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Novembre 2019

Persévérez, je le répète, persévérez

« Dans les derniers jours, les temps seront difficiles » (2 Tm 3.1)

Il ne vous a pas échappé que depuis la rentrée de septembre, le consistoire nous a exhorté à persévérer dans la vérité cette année. Cela suppose que nous sommes sur une bonne lancée et qu’il nous appartient de continuer à soutenir un effort constant et régulier dans l’approfondissement de nos acquis et à aller de progrès en progrès.

La fête de la Réformation du dernier dimanche d’octobre n’a pas été un regard nostalgique vers le passé, mais une source d’inspiration, eu égard à notre origine protestante. La méditation portait sur 2 Tm 3. L’apôtre prévient Timothée, responsable de l’Église d’Éphèse, que dans les derniers jours les temps seront difficiles. On peut comprendre les derniers jours comme étant la phase de l’humanité comprise entre d’une part le premier avènement du Seigneur, incarné, mort et ressuscité, retourné vers son Père et d’autre part son prochain retour en gloire (le Jour du Seigneur) ; c’est donc la période qui couvre son absence physique. Sur la ligne des temps, plus on se rapproche du « Jour du Seigneur », plus les temps deviennent de plus en plus difficiles. Le catalogue des vices qu’énumère l’apôtre est éloquent : égoïsme, âpreté au gain, fanfaronnade, orgueil, dureté de cœur, cruauté, imposture, progrès dans le mal, mensonge, etc. ; tous ces péchés iront en s’accentuant. L’apôtre ne se contente pas de décrire le contexte ; il propose une vigoureuse manière de vivre au cœur de cette dure réalité. Pas de fuite.

Il exhorte à demeurer ferme dans les Écritures saintes, car elles sont inspirées de Dieu, elles ont le pouvoir de communiquer la sagesse qui conduit au salut en Jésus-Christ, utiles pour enseigner, réfuter, redresser, éduquer, en vue de produire des femmes et des hommes accomplis et équipés pour toute bonne œuvre. Nous voilà replongés au cœur de la sola scriptura.

Nous savons par ailleurs qu’il ne suffit pas d’avoir une Bible, qu’il ne suffit pas de la lire ; encore faut-il bien la lire et bien l’interpréter; autrement elle devient dangereuse dès lors qu’elle est mal lue et mal interprétée ou tout simplement instrumentalisée. Qu’on se souvienne des sectes dangereuses qui s’en servent pour embrigader les gens et leur empêcher de penser par eux-mêmes ; des chrétiens plongés dans le légalisme à cause d’une lecture littéraliste ; de ceux qui au moyen de la Bible ont justifié la traite des Noirs, l’apartheid, la colonisation et la guerre « sainte », par exemple.

Pas seulement l’Écriture, mais aussi la grâce, sola gratia, et le Saint Esprit, comme don de la grâce qui nous accompagne dans la compréhension, dans les transformations profondes de notre être individuel, et de notre être Église, dans la nouvelle vie en Christ tout simplement. Dans cette même épître l’apôtre parle du combat qu’il a mené, il pense à tous les efforts, et à toute la discipline, enracinés dans le terreau de la grâce de Dieu, dans la puissance de l'Esprit Saint et de ses charismes, qui étaient chevillés à toute son existence de disciple de Christ. La grâce de Dieu n'est pas le lit de la paresse et de l'oisiveté. Justement à cause de la grâce même, de ce que le Seigneur a accompli en notre faveur, « faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la ténacité, à la ténacité la piété, à la piété l'amitié fraternelle, à l'amitié fraternelle l'amour. Car ces qualités, si vous les possédez en abondance, ne vous laissent pas inactifs ni stériles pour connaître notre Seigneur Jésus Christ; ... » (2 Pi 1.5-8).

Interrogeons-nous. Les Églises où on étudie plus la Bible avec diligence, où on ne prêche plus le salut, où on ne prêche plus Jésus-Christ comme le centre de notre foi, où la grâce est absente, où le légalisme est maître, sont-elles encore des Églises protestantes évangéliques ? Les Églises où le Saint Esprit est mis de côté, lui qui pourtant est l’inspirateur de la Bible et celui qui en ouvre l’intelligence au lecteur de tous les temps, sont-elles encore des Églises protestantes, réformées, évangéliques ?

Il nous appartient avec l’aide de Dieu de persévérer dans tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, digne d’être aimé, d’être honoré, ce qui s’appelle vertu, ce qui mérite l’éloge, tout cela, portons-le de manière persévérante à notre actif.


Pasteur Luc Lukusa

Télécharger l'Echo 11/2019