Bienvenue

Vous avez franchi le seuil de notre Eglise : Soyez les bienvenus ! L'Eglise protestante est méconnue par la grande majorité des Belges. Et c'est bien connu, ce qui est inconnu fait un peu peur…


Ce site a pour but de vous aider à mieux nous connaître.


Dès les premiers frémissements de la Réforme du XVIème siècle, les Belges furent nombreux à être gagnés par ce courant de pensée, au point de faire de Bruxelles, pendant dix ans, une « République Calviniste Indépendante ». Nombreuses sont les villes belges qui firent de même et la Belgique a donc connu une époque, brève mais intense, où la religion majoritaire était le Protestantisme. Ces temps sont révolus et les Protestants sont aujourd’hui environ 100.000 en Belgique. Cela ne nous empêche pas d’être bien présents, avec une dynamique interne forte et une volonté de jouer notre rôle dans la société d’aujourd’hui, en Belgique, à Bruxelles et particulièrement à Uccle.


Le Protestantisme n’a en effet rien de monacal. Si nous ne négligeons ni la méditation ni la réflexion, nous croyons que notre foi nous conduit à nous impliquer dans le tissu social où nous sommes présents. Cette action est cependant toujours fondée et animée par notre foi. A vous, à travers cette petite brochure, de découvrir notre identité spirituelle et nos activités.


Mais ce que nous souhaitons avant tout, c’est que vous vous sentiez libres de venir nous rencontrer !


Actualités

Echos Avril 2022 :
Vous êtes ressuscité avec le Christ !


« Si vous êtes ressuscités avec le Christ, ... recherchez les choses d’en haut où le Christ est assis à la droite de Dieu. » (Col 3, v1)

Affirmer fermement que Christ est ressuscité est fondamental pour la foi chrétienne, « car s’il n’est pas ressuscité, voici que votre foi est vaine et vous êtes encore dans vos péchés. En plus si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. ». Ainsi écrivait l’apôtre Paul (1 Co 15, vv18,19).

Il est clair que ce n'est pas assez de proclamer que le Christ est ressuscité. S’arrêter à la seule déclaration, c’est célébrer Pâques comme un simple rappel du passé, une simple commémoration d’un événement historique sans incidences directes sur notre existence actuelle. Force est de constater que l’apôtre affirme, au présent, que « vous êtes ressuscités » avec le Christ ; c’est donc une réalité actuelle. Pourtant les chrétiens de Colosses n’étaient pas encore morts physiquement, et donc encore moins ressuscités physiquement. Depuis que Paul a couché ces lignes, la fin du monde n’est pas encore intervenue.

L’apôtre veut dire aux chrétiens que depuis ce fameux matin-là de Pâques, rien n’est plus comme avant ; depuis leur union dans la foi au Christ ressuscité, depuis leur conversion, rien n’est plus comme avant. Certes, celui qui était borgne le demeure, l’infirme aussi, l’ouvrier n’a pas changé de statut, le vieillard n’a pas du coup rajeuni, … le noir est resté noir, le blanc, blanc, le jaune, jaune .... Physiquement rien n’a changé.

Ce qui a changé, c'est leur style de vie. Ils ne vivent plus comme avant. La source qui nourrit leur vie n’est plus la même. La base sur laquelle ils bâtissent leur vie n’est plus la même. Hier, ils s’inspiraient de leurs coutumes familiales et culturelles, aujourd’hui, c’est le Christ, son Évangile, la Parole de Dieu et son enseignement qui irriguent leur vie. Ils sont passés d'une vie à une autre ; de la mort à la vie. En effet, vivre sans Dieu, ou vivre en adorant des idoles anciennes ou modernes, c'est être mort.

Vivre véritablement, c'est mettre le Dieu de Jésus-Christ au centre de l’existence. C'est changer de référence. Ressusciter, c'est être passé par une conversion, c’est passer de l'absence de foi à la foi, c’est découvrir que le Christ est la source de la vie. Ressusciter, c’est comprendre que la vie n'est pas un simple processus biologique, qu’il suffirait de manger et de boire pour l'entretenir, mais c’est dépendre d'un Autre (de DIEU), qui est seul capable de faire vivre. 


Beaucoup ne l'ont pas encore compris. Peut-être certains chrétiens ne l’ont pas non plus compris, tant ils croient que Pâques n’est qu’une commémoration, une célébration d'un événement sans portée pratique. Pour l'apôtre Paul, dans l’épître aux Colossiens, au contraire, la résurrection du Christ se situe au niveau de l'expérience et du vécu. Elle importe pour tout disciple de Jésus Christ où qu’il soit aujourd'hui.

« Recherchez les réalités d’en haut, tendez vers ... » est une parole forte qui affirme que le Seigneur nous considère comme des êtres responsables, comme des adultes capables de faire des choix et d’orienter leur vie dans un sens ou dans un autre. En effet, à partir du verset 12 et suivants du chapitre 3, l’apôtre énumère les réalités d’en-haut vers lesquelles tendre : la compassion, la bonté, l’humilité, la douceur, la patience, le pardon mutuel. Chacune de ses réalités mériterait à elle seule tout un développement que je ne ferai pas. C’est la responsabilité du chrétien de rechercher ces réalités ici et maintenant.

Vue sous cet angle, outre l’aspect historique, la résurrection de Jésus concerne aussi notre vie quotidienne, ici et maintenant ; elle ne nous permet pas de fuir hors du monde, ni de nous évader dans un futur indéterminé. Paul maintient l'attention sur l'existence présente et sur ses urgences. Il énumère une série de comportements très précis que nous devons éviter : la débauche, l'impureté, les passions, les désirs mauvais, la cupidité, la colère, l'irritation, la méchanceté, les injures, la grossièreté, le mensonge. C'est une liste impressionnante !

Il s’agit d’un style de vivre. Notre vie tout entière est dans cette tension entre le déjà et le pas encore. Notre résurrection est déjà accomplie en Christ et il nous reste encore à vivre étape par étape cette réalité profonde, très concrètement au long des jours. Autrement dit, il y a eu d’abord un événement inaugural de la vie chrétienne appelé la régénération, œuvre souveraine de Dieu qui nous a ressuscités et dont nous sommes les heureux bénéficiaires. Ensuite, la résurrection nous situe dans une perspective nouvelle, nous place sur un autre chemin. Il nous appartient maintenant d'avancer. C'est à nous de prendre nos responsabilités, c'est à nous d'accorder notre vie à celle du Christ. Nous avons à choisir entre le bon et le mauvais, le juste et l'injuste, la vie et la mort. Après nous avoir arrachés au déterminisme de la mort, l'Évangile nous rend notre liberté, il nous permet de choisir de progresser dans la sanctification. Il s’agit pour le chrétien de faire passer dans la réalité quotidienne ce qui constitue son identité de disciple de Jésus Christ. « Devenez qui vous êtes » pourrait-on dire.

Une illustration : celui qui prend son inscription à l’université comme étudiant, devient étudiant de par son inscription. Dès lors, il doit commencer à vivre comme étudiant, il doit poser des actes concrets qui manifestent qu’il est étudiant, notamment assister aux cours, aux stages, aux examens, il doit les réussir. Il en est de même de celui qui est président élu. Il l’est en réalité le jour de la prestation du serment. Il doit ensuite alors poser des actes de président. Que chacun devienne donc qui il est.

C'est ainsi que la résurrection de Jésus-Christ nous interpelle. Est-elle pour nous un simple événement du passé ? Alors, elle peut donner lieu à une belle fête, plus ou moins confondue avec la fête du renouveau. Une cérémonie qui n'aura pas de lendemain.

Ou bien la résurrection est-elle pour nous une réalité présente ? Alors, c'est un événement qui nous fait vivre, dans lequel nous puisons la force toujours renouvelée de faire face à l'existence dans un esprit de liberté, puisque nous sommes ressuscités AVEC le Christ. La résurrection est quotidienne. Chaque jour est Pâque dans la vie du chrétien.

Luc Lukusa, Pasteur


Télécharger l'Echo 04/2022

Echos Mars 2022 :
Le temps du carême


Le carême, terme très utilisé dans le langage courant, est étymologiquement affilié au mot Quadragésime (quadragésima en latin) qui signifie littéralement quarantième. Ainsi, le Carême désigne la période de quarante jours précédant Pâques durant laquelle le croyant est invité à méditer sur sa propre vie en ayant à l'esprit le cheminement du Christ jusqu'à la Croix. Cette démarche spirituelle a notamment pour but de raviver la foi et de sortir le Chrétien de son inertie, de son endormissement en le poussant à abandonner sa routine quotidienne.

D'un point de vue historique, l’Église primitive organisait ce temps autour de la préparation au baptême des catéchumènes qui était célébré la nuit de Pâques.

À partir du IVe siècle, le temps de Carême devient de plus en plus consacré à la pénitence et au renouvellement de toute la communauté croyante par la pratique du jeûne et de l'abstinence de certaines viandes.

L'Église orthodoxe a opté pour une application radicale de la pratique pénitentielle qui est encore aujourd'hui très stricte. Le catholicisme a à l'inverse peu à peu assoupli ses exigences en ne recommandant plus que le jeûne le mercredi des Cendres (premier jour de Carême) et le Vendredi Saint, ainsi que l'abstinence de viande tous les vendredis.

La Réforme n'a en rien contesté l'importance du Carême pour la spiritualité, mais elle n'impose pas la pratique de la pénitence. Il faut cependant relever que le luthéranisme a continué d'insister sur l'importance de la remise en question et du recueillement de sorte qu'une maigre forme de pratique pénitentielle a été maintenue (abstention de viande le Vendredi Saint et pendant longtemps interdiction de célébrer des mariages qui sont propices à la fête et au repas copieux).

Mais d'une manière générale le protestantisme est beaucoup moins directif que les autres confessions. Il part du principe que chacun est libre de vivre ce temps de préparation de Pâques selon ses convictions car aucune consigne particulière n'a été laissée par les Apôtres.

Actuellement, les Églises de la Réforme ont malgré tout la volonté de marquer ce temps de Carême par l'organisation de nombreuses actions incitant le croyant à aller vers les autres (sous formes de don ou d'action humanitaire par exemple).

Astrid VOGLER


Pour terminer, voici un dialogue entre un fils et son père :

- "Mon fils, pourquoi t’échappes-tu sans cesse pour aller courir dans la forêt ?"

- "Mon père, je cherche Dieu", répond l’enfant.

- "Mais, mon fils, Dieu n’est-il pas partout ?"

- "Oui, Dieu est partout ! "

- "Et Dieu n’est-il pas partout le même ?"

- "Oui, mon père, Dieu est partout le même ; mais vois-tu, moi je ne suis pas le même partout. La forêt m’aide à chercher Dieu !"

Cette histoire nous pose une question toute simple : Où est notre forêt ? Où est le lieu où nous pouvons nous retirer pour chercher Dieu et communier avec lui ?


Je vous propose un lectionnaire quotidien pour la période de Carême (source EPUdF). Vous le trouverez en dernières pages de ce bulletin.

Luc Lukusa, Pasteur


Télécharger l'Echo 03/2022